La France dans l’étau des taux
Même en cas d’accord entre les États-Unis et l’Iran, les conséquences du choc pétrolier seront durables. La réouverture du détroit d’Ormuz n’empêchera pas un déficit de l’offre de 1,8 milliard de barils en 2026, en raison des dommages infligés aux sites de production et aux infrastructures de transport. L’augmentation du prix du pétrole, tout en restant inférieure au quadruplement de 1973 et au doublement en 1979, ainsi que les pénuries de matériaux et d’intrants critiques font basculer l’économie dans la stagflation, avec une chute de la croissance et une hausse de l’inflation autour de 6 % dans le monde, 4 % aux États-Unis et 3,3 % en Europe.
Sous la crise énergétique pointent les tensions financières. Soumises à la pression des autorités politiques, les banques centrales ont fait le choix de la passivité sur les taux courts, rééditant l’erreur de 2022. La Fed, sous la houlette de son nouveau président, Kevin Warsh, pourrait même céder aux menaces de Donald Trump en diminuant ses taux, actuellement fixés à 3,75 %, en prenant pour prétexte les gains de productivité que l’IA fait miroiter.
Il en va tout autrement des marchés, qui sont en passe de rompre avec leur complaisance envers les dettes publiques, en réalisant que le choc est structurel et l’inflation........
