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Un drone sur La Mecque, et mille ans de sacrilèges ressurgissent

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17.09.2026

L’événement est passé presque inaperçu en France et en Europe, mais il provoque un choc considérable, parfois politiquement surjoué, dans le monde dit « musulman ». Le 15 septembre 2026, l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté et détruit, au sud de La Mecque, un drone hostile avant son entrée dans l’espace aérien interdit de la ville sainte. Riyad attribue le lancement aux Houthis yéménites ; ces derniers contestent avoir visé La Mecque.

La réaction est immédiate et presque unanime. Dans un même registre diplomatique se retrouvent l’Algérie, la Ligue arabe, le Qatar, la Jordanie, l’Organisation de la coopération islamique, des autorités religieuses et des organisations proches ou issues des différentes familles de l’islam politique. Pour une fois, des frères ennemis emploient presque les mêmes mots : « sanctuaires », « sacralité », « ligne rouge ».

L’Algérie a ainsi « fermement condamné et dénoncé » le ciblage de La Mecque par un drone hostile, parlant d’une « agression extrêmement grave contre les sanctuaires musulmans » et d’une « provocation honteuse des sentiments des musulmans ». Le Qatar a réprouvé une tentative de « violer la sacralité de La Mecque », qualifiée d’« acte agressif répréhensible » et de « transgression gravement dangereuse » des lignes rouges religieuses, morales et humanitaires.

La Jordanie, la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique ont repris le même registre : atteinte à la souveraineté saoudienne, violation de la sacralité des lieux saints, solidarité avec le royaume et protection des sentiments des musulmans.

La ligne rouge de l’islam

Ce drone s’inscrit dans une séquence où les Houthis entendent afficher une posture de victoire. Quelques jours plus tôt, ils avaient progressé sur la façade yéménite de la mer Rouge, jusqu’à l’île de Perim, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.........

© Le Point