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Le balcon de Ceausescu : quand les dictateurs découvrent qu’ils sont mortels

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07.10.2026

Le ciel est immense et vif comme la révélation d’un nouveau monde. En dessous, écrasé sous les étages d’un édifice stalinien, un balcon modeste, au premier étage d’un immeuble gris qui abrite aujourd’hui le ministère de l’Intérieur. En face, la vie molle d’une fin de journée, une place publique anodine : des voitures stationnées, des piétons affairés, un monument métallique hideux que les Bucarestois appellent « la patate ». Et ce beau ciel qui efface l’histoire sinistre du lieu.

Le 21 décembre 1989, ici, sur ce balcon d’opérette, un homme coiffé d’une papakha tapote sur un micro défaillant, inquiet et surpris, le regard hagard, répétant : « Allô ? Allô ? » Un instant d’hésitation, un moment de perte de sens alors que la foule, en face, remue. Nicolae Ceaușescu, le dictateur de la Roumanie, vit ses dernières heures, mais il l’ignore. La fin d’une dictature donne à voir d’historiques moments d’incrédulité.

Le jour où l’obéissance s’arrête

Quand Saddam a été extrait de son trou à Tikrit, le 13 décembre 2003, il apparaissait ahuri, sans résistance entre les mains des soldats américains qui le tiraient de sa cachette. Le Saladin de pacotille se montrait au monde hirsute et sale. Il ressemblait à un resquilleur rattrapé sans ticket par des contrôleurs dans une rame de métro. Kadhafi, pas mieux, aux derniers instants : surpris, médusé comme s’il venait de naître dans le mauvais pays.

Cette semaine, là, sous mes yeux, le moment loufoque est celui de Ceausescu, et on est en Roumanie. Le 21 décembre 1989. Le mur de Berlin est tombé ; l’URSS se défait ; la Securitate, redoutable police........

© Le Point