« L’Abandon », le miroir de nos lâchetés et courages français
On en sort secoué d’émotion, en colère. Paris peine à faire retrouver au spectateur les routines ; sous son ciel encore gris en cette mi-mai, la ville lumière offre peu. Pour quelles raisons cette émotion ? Au moins trois.
Un : le titre, L’Abandon, s’avère douloureusement juste. C’est un abandon collectif. D’abord celui d’un homme peu à peu excommunié par quelques-uns de ses collègues alors qu’il se bat pour expliquer, pour défendre ce qui a toujours défini la mission d’un maître d’école en France : enseigner, promouvoir la République, préserver la laïcité et la liberté. On a abandonné Samuel Paty à son sort, on le sait.
Ce même réflexe que l’on oppose au pestiféré, à celui taxé d’appartenir à l’extrême droite pour mieux l’expulser de la cité, de la visibilité et du droit à la parole. À celui que l’ignominie fabriquée de l’accusation d’islamophobie, de pédophilie, de racisme… etc., marque. On se désolidarise, on consolide son propre déni, on inverse la culpabilité. Samuel Paty avait connu les épreuves que traversent en France depuis des années ceux qui disent « non » à l’islamisme, à la perte des territoires de la République, au chantage communautaire au nom de l’histoire des immigrations et des colonisations. Il disait aussi « oui » à la liberté d’expression et à la nuance.
L’école, cette promesse qu’on laisse mourir
Deux : parfois, certains films, certains romans, certaines scènes ou répliques résument une époque dans leur formule foudroyante. L’Abandon, de Vincent Garenq –........
