Pourquoi déteste-t-on les sex-toys pour hommes ?
Comme toutes les semaines, le chercheur en psychologie Jesse Bering décortique une étude sur la sexualité.
Au début des années 2000, la grande mode était aux « soirées sex-toys ». Tragiquement réduit à ma seule capacité onirique, je les imaginais comme de petits conciliabules de femmes rougissantes et gloussantes, quelque part dans de mornes banlieues. Autour d’une table basse couverte des derniers vibromasseurs, lubrifiants et plumeaux, une mère de famille un peu pompette, ses lunettes de quadragénaire sur le nez, tenait d’une main un modèle anatomique en plastique de l’appareil reproducteur féminin et, de l’autre, sa coupe de mimosa pour exhorter les plus coincées de son assemblée à libérer « la déesse » qui pouvait sommeiller en elles. Souvent comparées aux réunions Tupperware de la génération précédente, ces soirées offraient à des femmes au foyer plus ou moins désespérées de quoi se détendre dans une atmosphère gentiment grivoise et « sex-positive ».
N’est-il pas étrange qu’une pratique aussi anodine prenne soudain une tournure grotesquement plus lugubre dès qu’on la transpose à la sexualité masculine ? Imaginez une bande de potes autour de la table de billard du voisin, discutant des derniers masturbateurs, stimulateurs prostatiques, anneaux péniens et autres vibromasseurs anaux de la saison, tout en s’échangeant des conseils sur leur prépuce et leurs pâmoisons éjaculatoires.
À moins que quelque chose ne m’ait échappé, les soirées sex-toys pour hommes n’ont jamais eu leur moment de gloire culturelle. Même dans les salons professionnels, les représentants du secteur expliquent que pour les produits destinés aux hommes – masturbateurs péniens ou « strokers », par exemple – la consigne est de rester discrets, alors que les vibromasseurs et autres accessoires pour femmes s’étalent à perte de vue. Comme si le recours des hommes à une technologie sexuelle, ou sextech, était jugé moins acceptable – ou, à tout le moins, était plus stigmatisé – que l’usage féminin de tels objets érotiques.
C’est un vrai casse-tête, comme le soulignent la psychologue Madison Williams et ses........
