Léon XIV, un pape missionnaire pour (ré) évangéliser la France
Une messe monstre devant une foule amassée sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde, une veillée de jeunes au Stade de France, des centaines de prêtres et diacres en habits occupant la cathédrale Notre-Dame de Paris et son parvis, un discours à l’Unesco et une adresse aux chefs d’État européens en la cathédrale de Metz… C’est peu dire que le voyage apostolique du pape Léon XIV en France – plus précisément à Paris, Lourdes et Metz – du 25 au 28 septembre constitue un événement.
Le pape François avait effectué plusieurs « sauts de puce » – à Strasbourg, Marseille et en Corse – mais, à chaque fois, pour un motif bien précis, et non dans le cadre d’un voyage en France – le jésuite argentin prenait même soin à dire qu’il ne venait pas visiter notre pays. Depuis 2008, et la visite de Benoît XIV à Paris et à Lourdes, aucun pape n’avait consacré un voyage officiel à la France. Il est loin le temps de Jean-Paul II, honorant de sa présence à neuf reprises notre pays – autant que pour sa Pologne natale.
Le retour de la France
Une relation privilégiée qui avait commencé par cette interpellation, lancée lors de sa première grande messe au Bourget en 1980 : « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? ». Une antienne que Léon XIV pourrait faire sienne, dans un pays qui, depuis près de cinquante ans, n’a cessé de se déchristianiser et de défendre farouchement une exception bien française : la laïcité. Le 28 mai 2025, quelques jours après son élection, dans une lettre, le pontife appelait les évêques de France à relancer l’évangélisation, faisant référence à trois saints français canonisés en 1925 par Pie XI pour leur « admirable élan missionnaire » : Jean-Marie Vianney, Jean-Eudes et Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Vu du Vatican, la France n’est pas toujours lisible. « La diplomatie vaticane surveille avec une certaine inquiétude la situation politique française », relève une bonne source de l’Église, à Rome. Côté catholique, on aimerait retrouver le Macron du discours des Bernardins, en 2018, qui affirmait : « Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il vous importe à vous comme à moi de le réparer. »
Cet ancien élève des jésuites d’Amiens qui avait choisi de se faire baptiser catholique à l’âge de 12 ans et qui disait alors : « Je considère que la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens. Je ne suis ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’État substituant à la transcendance divine un credo républicain. »
Ces derniers temps, les relations entre le Saint-Siège et la France se sont crispées, avec l’inscription de l’accès à l’IVG dans la Constitution en 2024, et les débats parlementaires sur la loi instaurant un droit à une aide active à mourir. Il n’est pas anodin que le pape ait choisi pour devise à ce voyage en France : « Pour que le monde ait la Vie ». Au cours de ces quatre jours à l’agenda millimétré, il était même prévu que Léon XIV visite la Maison Jeanne Garnier, institution pilote en matière de soins palliatifs – cette étape a été retirée de l’agenda, pour ne........
