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« Désarmer l’IA » : dans sa première encyclique, Léon XIV met en garde contre « les dynamiques déshumanisantes »

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25.05.2026

Léon XIII fut au XIXe siècle le pape de la modernisation industrielle, dont il décortiqua les effets à travers son encyclique Rerum novarum (1891). Léon XIV, comme il l’a annoncé dès son élection, sera le pontife de l’ère de l’Intelligence artificielle (IA) dont il veut mesurer les conséquences dans sa première encyclique, qui paraît quelques jours après le premier anniversaire de son pontificat. Et qui s’intitule Magnifica humanitas – publié notamment aux éditions du Cerf.

En gardant le latin, le pape se place dans la lignée de son prédécesseur mais plus d’un siècle et demi les sépare, et au vu des révolutions qui se sont succédé il s’agit d’une éternité.

Léon XIII, une des références du souverain pontife, avait établi la doctrine sociale de l’Église, Léon XIV inscrit sa réflexion dans son fondement (il y consacre beaucoup de développements), en y intégrant les enrichissements de tous les papes successifs et en proposant une nouvelle lecture pour notre monde qui change à une vitesse ultrarapide.

Aux côtés du pape, un géant de l’IA

Un monde aux enjeux qui lui sont familiers : il est né dans la banlieue de Chicago en 1955, dans l’Amérique du boom consumériste et écologique, il a fait des études de mathématiques. Originalité : c’est lui-même qui présente le texte (il n’est pas seulement publié comme c’était le cas avec ses prédécesseurs). En présence d’un pilier de la Silicon Valley et de l’IA, cofondateur d’Anthropic - la société qui a créé le logiciel Claude -, Christopher Olah.

Que sommes-nous en train de construire ? Le pape Léon XIV

Que sommes-nous en train de construire ?

Le texte forme une réflexion longue (5 chapitres, avec une introduction et une conclusion, 245 entrées), dense, charpentée. Le pape y développe une pensée qui permet d’éclairer ce qui se joue sous nos yeux, au cœur même de l’actualité contemporaine. Alors que les dérives de l’IA fracturent aux États-Unis le camp trumpiste, et alimente les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique.

Le pape ne rejette pas en bloc l’ère de l’IA – de toute façon, il ne pourrait le faire, le train est lancé. Bien au contraire : on voit bien, à le lire, qu’il s’y intéresse de très près.

« Que sommes-nous en train de construire ? »

Autorité spirituelle, il veut surtout inviter chacun à se poser et à réfléchir à une question, en conscience, qu’il formule dans son texte : « Que sommes-nous en train de construire ? »

Parce que « le développement technologique modifie rapidement les langages, les relations, les institutions et les formes de pouvoir ». Parce que « les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion ».

Il ne s’agit pas de repousser le progrès, mais d’en appeler au sursaut des consciences pour mettre en place, on pourrait dire, des garde-fous afin........

© Le Point