Un obscur désir de défaite
Il y a quelque chose de profondément écœurant dans la manière dont on commente cette guerre avec l’Iran.
Ici, ce sont des sourires, des soupirs faussement navrés chaque fois que le président Trump se fend d’une de ces déclarations incohérentes ou absurdes dont il a le secret.
Là, des airs de supériorité lassée, comme si tout cela était écrit, chaque fois qu’un missile iranien touche un hôtel de Dubai ou une installation pétrolière saoudienne.
Là encore, cette petite musique, débile et venimeuse, selon laquelle la première puissance militaire du monde ne penserait plus par elle-même, ne déciderait plus souverainement de ses guerres et serait manipulée, téléguidée, « ventriloquée » par le démoniaque Israël (tout cela, pour le coup, était écrit – dans les pamphlets antisémites des années 1930 imaginant déjà les nations conduites à leur perte par une main juive invisible, toute-puissante et corruptrice).
J’observe tels généraux de plateau et autres experts de studio.
Je vois comme ils semblent électrisés par chaque image de fumée sur un Émirat et chaque sirène sur une base américaine.
Je sens comme ils sont secrètement déçus quand, à l’inverse, les infrastructures tiennent, les alliés du Golfe absorbent le choc, les marins de l’US Navy encaissent mais ne plient........
