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BHL – Saint Malraux et son apôtre Saint-Cheron

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04.08.2026

Michaël de Saint-Cheron avait 18 ans quand, avec son frère François, il fut engagé par Sophie de Vilmorin pour mettre de l’ordre dans les bibliothèques d’André Malraux.

Il admirait déjà l’écrivain doublé d’un homme d’action et, hormis Lawrence et Byron, sans modèle.

Il avait, comme quelques-uns d’entre nous, défié l’esprit d’un temps qui ne voulait plus voir dans l’auteur des Noyers de l’Altenburg que le vieux ministre grimaçant sur la photographie célèbre où on le voit en tête de la manifestation du 30 mai 1968, sur les Champs-Élysées, en faveur du général de Gaulle et du retour à l’ordre.

Mais il faut croire qu’une bibliothèque offre un accès privilégié – une voie royale – à la vie, à l’œuvre et jusqu’au cerveau d’un écrivain.

Car il rangea les livres de Manès Sperber… Inventoria les éditions originales et dédicacées d’André Gide… Retrouva les « grands papiers » de Paul Valéry tirés sur Velin d’Arches jauni… Il se demanda s’il fallait classer Le Délire logique de Julien Segnaire à S comme Segnaire, à N comme Paul Nothomb, son véritable nom au temps où il secondait Malraux dans l’escadrille España, ou à G comme Gestapo puisque le roman s’inspirait de l’arrestation de l’auteur, en 1943, à Bruxelles, et de son expérience de la........

© Le Point