À qui appartient notre mort ?
En ce mois de juillet, les anglicans canadiens ont adopté une liturgie d’accompagnement pour ceux qui choisissent l’euthanasie, un rite pour bénir la sortie « choisie », une sacralisation du geste ultime. Et une question qui me taraude depuis longtemps s’est de nouveau soulevée : à qui appartient notre mort ?
Je devrais, en principe, savoir de quel côté me ranger. Libérale indécrottable, hostile, par principe, à tout ce qui entrave la souveraineté de l’individu sur lui-même, je devrais signer des deux mains pour l’aide à mourir, le suicide assisté, l’euthanasie ; ce serait cohérent et attendu, il est juste et humain de choisir d’abréger douleurs et agonie. Et pourtant.
Rappelons que nul ne veut mourir quand la douleur est jugulée.
Rappelons que nul ne veut mourir quand la douleur est jugulée.
Mon premier réflexe libéral n’est pas favorable à la mort administrée, mais hostile à la peine capitale, et ce, pour une raison que je tiens pour essentielle : l’État ne doit jamais institutionnaliser la mort. Il ne doit pas mettre le nez dans l’intimité des citoyens, et moins encore dans leur........
