Michael Rousseau et les «francollabos»
Il y a beaucoup de Michael Rousseau au Québec. Des anglos qui se cal***ent du français, comme le PDG d’Air Canada, il y en a dans toutes les sphères de la société. Des obtus qui ne sont pas foutus de dire autre chose que bonjour et merci.
Mais vous savez pourquoi il y en a autant ? À cause des francos ! Trop gentils, trop accommodants. Toujours prêts à switcher à l’anglais dès qu’ils voient que leur interlocuteur a de la misère à baragouiner en français.
Nos jeunes, c’est pareil. Ils se parlent en anglais entre eux. Et quand on exige de se faire parler en français dans des commerces, ils roulent des yeux, poussent un soupir exaspéré et nous lancent : «Chill, come on, what the fuck, bro ?» Les francos qui se comportent en carpettes, à plat ventre devant l’anglais tout-puissant, je les appelle des « francollabos ».
Notre servitude volontaire
C’est bien beau s’insurger, s’offusquer, s’indigner une fois par année quand Michael Rousseau enregistre une vidéo de trois minutes quarante en utilisant seulement deux mots en français. Mais ça donne quoi, si le reste de l’année vous fermez votre gueule quand des livreurs, des serveurs, des caissières, des gérants, des collègues vous parlent uniquement en anglais ?
« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux », écrivait Étienne de La Boétie, dans son fameux Discours de la servitude volontaire, en 1549.
Les anglos unilingues-boqués-méprisants-condescendants-arrogants comme Michael Rousseau ne sont grands que parce que nous, les francophones pissous-soumis-conciliants-accommodants-ben-fins, sommes à genoux.
Les Québécois sont trop gentils. Ils ne se sont pas encore débarrassés de leurs vieilles habitudes serviles d’ouvriers qui courbaient l’échine pour ne pas offusquer les riches patrons anglos qui méprisaient les pea soups beaucoup trop pissous.
Je vous ai souvent parlé d’un centre sportif que je fréquente, où je dois me battre constamment pour faire respecter le français. L’autre jour, je me pointe à un cours de yoga. La prof est une petite nouvelle que je n’ai jamais rencontrée avant. Je m’assure donc qu’elle va donner le cours en français. « Non, pas question, ce sera moitié anglais, moitié français », me répond-elle avec arrogance. Donner son cours en français lui paraissait aussi appétissant que de nettoyer son tapis de yoga avec sa langue.
Quand je lui ai rappelé que le français est la seule langue officielle au Québec et que j’exigeais que le cours soit donné en français, elle m’a répondu avec des trémolos dans la voix : « Mais les anglophones, comment ils vont faire pour suivre ? »
Ben, s’ils vivent à Montréal, ils devraient être capables de comprendre « droite, gauche, chien tête en bas, cobra, guerrier deux et pose de l’enfant »!
Pouvez-vous croire que, fâchée contre moi, la prof a donné la majorité de son cours en anglais juste pour me faire suer ? Quand je l’ai confrontée à la fin du cours, elle m’a dit qu’elle avait fait ça pour être « inclusive ».
Deux langues, deux solitudes, deux poids, deux mesures
Des « francollabos » comme cette prof de yoga, il y en a des milliers au Québec.
Imaginez-vous deux secondes qu’à Toronto ou à Vancouver, des profs de yoga vont donner leurs cours en français pour être « inclusifs » et faire chier leurs clients anglophones ?
No way. In Quebec only. What the fuck, bro ?
