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L'argent ne vient pas d'un grand puits magique

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19.03.2026

Le ministre Eric Girard a déposé un budget aussi sobre que ce qu’il avait annoncé. Il faut dire qu’il avait peu de marge de manœuvre, surtout que François Legault voulait laisser l’impression de partir en laissant les finances du Québec dans un état acceptable.

Il fallait s’attendre aux réactions à un budget qui n’ajoute pas tellement de nouveaux fonds ici et là. Le budget fait des déçus : il aurait fallu plus d’argent !

En santé, il aurait fallu plus d’argent !

En éducation, il aurait fallu plus d’argent !

Pour le logement, il aurait fallu plus d’argent !

Transport en commun, il aurait fallu plus d’argent !

Pour les groupes communautaires, les environnementalistes, les pauvres, les scouts, les collectionneurs de timbres, les poseurs de céramique, ainsi que les cyclistes demandeurs d’asile, il aurait fallu quoi ? Plus d’argent !

Pourtant le budget de la santé était de 39 milliards $ il y a dix ans. Le gouvernement a annoncé 69 milliards $ dans le budget d’hier. Et les services ne seront pas meilleurs. Ah ! Je comprends, ce n’est pas encore assez. Il faudrait rajouter encore plus d’argent, oui, oui, oui.

Le budget de l’éducation s’élevait à 14 milliards $ il y a dix ans. Aujourd’hui, c’est 24. Merveilleux, non ? Dix ans à se faire taper les oreilles sur les coupures en éducation et le gouvernement qui ne comprend rien aux besoins... alors que le budget a fait un bond de 10 milliards $.

Je vous gage que si vous allez questionner les syndicats de l’éducation aujourd’hui, on vous expliquera que ce qu’il faut c’est plus de ressources. Traduction : en langage syndicaliste ou bureaucratique, plus de ressources, c’est la formule jolie pour dire : plus d’argent !

Plus d’argent, les amis, c’est notre argent. Plus de taxes et d’impôts. Le contribuable en moi se défoule, mais je sais bien que parfois, il faut investir pour régler un problème. Ce qui me choque, c’est le réflexe québécois de penser que l’unique façon de régler un problème, c’est de l’arroser de fonds publics à la manière des pompiers.

En santé comme dans le transport en commun, plusieurs pays ont évité les monopoles étatiques en recourant massivement à des partenariats avec le privé. Pour les garderies, l’objectif d’un service accessible est louable, mais le Québec a choisi la solution la plus coûteuse et a créé une nouvelle bureaucratie.

J’annonce mes couleurs : d’ici l’élection, je serai à l’écoute des politiciens qui proposent des solutions innovantes pour régler les problèmes autrement qu’en promettant... plus d’argent !

Responsabiliser le contribuable/électeur

Il faudrait sans doute baisser les impôts et instaurer plus de tickets modérateurs et de frais chargés à l’usager. En connectant le tarif aux coûts. Lors des grèves dans les garderies par exemple, tous les parents disent soutenir les demandes. Réviseraient-ils leur position si le tarif quotidien était immédiatement ajusté aux hausses salariales ? C’est trop facile de dire « oui plus d’argent » quand ça vient d’un grand puits magique.


© Le Journal de Québec