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Débat de la CAQ: l’autodestruction en direct

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30.03.2026

Le dernier débat de la CAQ n’avait rien d’ennuyeux. Mais rien, non plus, d’élégant. On savait qu’on n’assisterait pas à un thé entre amis. Mais de là à plonger dans un véritable derby de démolition politique, il y a un pas — et il a été franchi sans hésitation. 

Huées, accusations de mensonges : tout y est passé. Ce n’était plus un débat, c’était une entreprise systématique de destruction de la crédibilité de l’autre. Or, l’un de ces deux candidats devra, dans quelques jours, prendre les rênes, défendre le bilan caquiste et tenter de maintenir la formation à flot. Après un tel spectacle, la tâche relève presque de la chirurgie reconstructive.

La CAQ en sort-elle grandie ? Au contraire. Elle apparaît affaiblie, fracturée, à vif. Plus troublant encore : elle n’a même plus besoin de ses adversaires pour s’abîmer. Cette course interne aura permis de mettre à nu huit années de zones grises : chantiers inachevés, promesses rompues, décisions mal assumées. Comment prétendre incarner la solution quand on faisait partie du problème ?

Le constat est brutal : le pire ennemi de la CAQ... c’est la CAQ.

À douze jours du verdict, Bernard Drainville joue le tout pour le tout. Sa stratégie ? La terre brûlée. Ses attaques répétées contre Christine Fréchette — pendant et après le débat — laissent des cicatrices profondes. Si elle l’emporte, ses opposants n’auront qu’à faire jouer en boucle ses propos pour continuer le travail de sape. Mais pouvait-il vraiment exister autrement sans coups d’éclat ?

Face à lui, Fréchette incarne l’exact opposé : un discours maîtrisé, léché, presque clinique. Elle a su se défendre, notamment sur Roxham, mais l’ensemble manque de souffle, de feu. À force de vouloir rassurer, elle peine à inspirer. Elle aura néanmoins eu l’avantage, ne serait-ce que sur la forme, dans ce débat.

Il reste douze jours. Douze jours pour convaincre les derniers indécis... ou pour ajouter quelques coups de plus à une formation déjà sonnée. Peu importe qui sera élu, il se présentera avec des gros bleus que les autres partis prendront pour cibles pour que ça fasse mal, très mal.


© Le Journal de Montréal