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La grande leçon de Jean Lapierre

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On connaît tous la fameuse phrase de René Lévesque : 

« Méfie-toi de ceux qui disent aimer le peuple, mais qui détestent tout ce que le peuple aime. »

Cette phrase, Jean Lapierre (qui est disparu il y a 10 ans, déjà !) l’avait tatouée sur le cœur.

En fait, non, il ne l’avait pas tatouée, car il n’en avait pas besoin.

Ça faisait partie de son être.

Il était comme ça, Jean. Comme Rodger, il aimait profondément les gens, le « peuple ».

Et celui-ci, qui sait reconnaître d’instinct ceux qui font semblant et ceux qui sont sincères, le lui rendait bien.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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Aller dans un centre commercial de région avec Jean était une expérience que je n’oublierai jamais.

On aurait dit qu’il était le cousin de tout le monde.

« Tu connais cet homme, Jean ?

– Non, pantoute ! Première fois que je le vois ! »

Pour reprendre une de ses célèbres phrases, quand il voyait « du monde ordinaire », Jean était heureux comme un chien dans la boîte d’un pick-up.

Tout le contraire d’un célèbre animateur et journaliste de Radio-Canada avec qui j’ai fait un reportage, un jour.

Qui, lorsqu’on lunchait, ne voulait pas s’asseoir à la même table que le « petit personnel », c’est-à-dire le caméraman et le preneur de son.

Et qui, lorsqu’il croisait des admiratrices dans la rue, se tournait vers moi et commentait leur physique.

« As-tu vu son cul ? Veux-tu bien me dire qui fourre ça ? »

Je me disais : « Si ce journaliste vedette me dit ça à moi, alors que c’est la première fois que je le rencontre, je me demande ce qu’il dit aux gens qui travaillent avec lui tous les jours. »

On a de la classe ou on n’en a pas.

Bref, Jean aimait les gens.

Ça change des politiciens qui disent représenter le peuple, mais qui détestent non seulement « tout ce que le peuple aime », mais « tout ce que le peuple pense ».

Les gens n’aiment pas voir des fillettes voilées ?

Ils trouvent que nous recevons trop d’immigrants par rapport à notre capacité d’accueil ?

Ils sont contre l’ouverture de piqueries légales à côté d’une école ?

Ils pensent que les professeurs ne devraient pas porter de signes religieux au travail ?

Ils trouvent que les LGBTQ poussent le bouchon trop loin en disant qu’il suffit pour un monsieur de se mettre une perruque sur la tête pour se faire automatiquement appeler madame ?

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Sophie Durocher, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Vous savez de qui je parle...

Ces politiciens donneurs de leçons qui disent parler au nom du peuple alors que ce n’est pas le peuple qui vote pour eux, mais des bobos qui achètent du café équitable dans des épiceries de luxe.

Jamais il ne serait venu à l’idée de Jean Lapierre de regarder les gens comme ça.

C’est-à-dire : de haut.

Tout simplement parce qu’il ne trouvait pas que les gens qui lui parlaient lorsqu’il allait manger chez Ben On S’Bour La Bédaine à Granby volaient bas.

Il leur parlait les yeux dans les yeux.

Il n’était pas « leur défenseur » ou leur « porte-parole », mais l’un d’eux.


© Le Journal de Montréal