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Opposition ridicule du Fonds et la Caisse à PKP

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Pourquoi diable le Fonds de solidarité FTQ et la Caisse de dépôt se rangent-ils derrière la direction de Transat pour bloquer la montée de Pierre Karl Péladeau au sein du transporteur ?

Par l’entremise de Financière Outremont, deuxième plus important actionnaire de Transat avec 9,5 % des droits de vote, Pierre Karl Péladeau propose aux actionnaires de voter, lors de l’Assemblée du 10 mars prochain, en faveur de la réduction du conseil d’administration à seulement six administrateurs, dont lui-même et ses deux candidats, Jean-Marc Léger et André Brosseau, comme présidents du nouveau conseil. Léger et Brosseau sont déjà impliqués dans Québecor. Avec une telle présence au conseil d’administration, M. Péladeau veut revitaliser Transat en vue de lui donner un nouvel envol. Mais son projet de revitalisation de Transat fait l’objet d’une farouche opposition de la part du Fonds FTQ, de La Caisse et de la direction de Transat.

J’ai l’impression que cette opposition au projet Péladeau est effectuée en guise de solidarité envers le gouvernement Carney, qui, par l’entremise de la restructuration en juin 2025 de la dette que Transat a contractée auprès de la CFUEC (Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada) lors de la pandémie de la COVID-19, pourra détenir éventuellement un immense bloc d’actions de Transat.

En effet, en échange de la réduction de l’encours de la dette de Transat de 772 à 334 millions $, la société d’État fédérale CFUEC détient maintenant des actions privilégiées convertibles en actions à droit de vote et des bons de souscription qui lui permettront de mettre le grappin sur 19,4 millions d’actions, soit 32,6 % des actions en circulation.

À eux trois, le Fonds FTQ (avec 10,7 % des actions), La Caisse (avec 5,4 % des actions) et le fédéral (avec 32,6 % des actions) vont posséder près de 50 % des actions de Transat.

Le titre de Transat végète en Bourse. L’action de Transat se négocie encore loin de son niveau d’août 2020 alors que le transport aérien peinait lors de la COVID-19. Transat se négocie présentement autour des 2,60 $, en recul de 50 % lors des cinq dernières années et demie.

D’ailleurs, aucun des cinq analystes financiers qui suivent de près le titre de Transat n’en recommande l’achat, même à un prix aussi bas que 2,60 $. Transat récolte tout au plus deux mentions « rendement inférieur » et trois mentions « à conserver ».

LA CONTRAIGNANTE ENTENTE AVEC LE FÉDÉRAL

Pierre Karl Péladeau a décrié la fameuse entente que les dirigeants de Transat ont conclue l’an dernier avec le gouvernement fédéral par l’entremise de sa société d’État CFUEC. Cette entente a été conclue sans que les actionnaires puissent se prononcer.

À juste raison, M. Péladeau reproche notamment à l’entente la contraignante clause qui se résume comme suit : « Des remboursements anticipés obligatoires pourraient être exigés par la CFUEC à la suite de certains événements, dont entre autres, des transactions de cession-bail, de ventes d’actifs et d’émissions d’actions. La Société devrait alors rembourser un montant équivalent à 50 % des montants encaissés », explique-t-on dans le Rapport de gestion du troisième trimestre 2025.

En termes clairs, cette clause fait en sorte qu’à la moindre injection de capitaux dans Transat, le fédéral va encaisser 50 % de la mise de fonds. Ce qui n’a pas de bon sens, selon M. Péladeau.

QUE PROPOSE PÉLADEAU POUR REVITALISER TRANSAT

Au cours des cinq dernières années, Transat a déçu ses actionnaires : l’action affiche une chute de plus de 50 %       ; les résultats financiers sont nettement inférieurs à ceux des autres compagnies aériennes comparables       ; la compagnie est surendettée       ; la restructuration d’un prêt fédéral contracté lors de la COVID-19 impose de lourdes contraintes financières à la recapitalisation de la société, etc.

Comment M. Péladeau entend-il redresser la situation ?

Si les actionnaires votent en faveur de sa proposition d’élire un conseil d’administration, il va pouvoir imposer sa vision avec un train de mesures pour améliorer les résultats, dont celles-ci :

Lancer un processus d’examen stratégique

Recapitaliser le bilan fragilisé

Fournir le capital additionnel pour investir

Accélérer les investissements dans les innovations

Péladeau, Léger et Brosseau, selon la Financière Outremont, ont les compétences pour revitaliser Transat et lui redonner un nouvel envol. Ils ont des décennies d’expérience dans les marchés publics et les marchés des capitaux, en plus d’entretenir des relations solides avec les gouvernements et d’avoir une bonne expertise du comportement des consommateurs.

Et par surcroît, avec Québecor et Vidéotron, ils ont acquis une grande expérience en restructuration et en redressement.

Cela a d’ailleurs porté fruit. Lors des 20 dernières années, l’action de Québecor a augmenté de 700 %. Pendant ce temps-là, Transat s’effondrait, passant de 24,80 $ en décembre 2006 à 2,58 $ aujourd’hui.


© Le Journal de Montréal