Nos services publics s’effritent
Cette semaine, plus de 30 organisations reflétant la diversité de la jeunesse québécoise se réunissent à Québec dans le cadre des Rencontres Action Jeunesse. Alors que la population est appelée aux urnes dans les prochains mois, notre message est clair : la jeunesse québécoise refuse d’être la spectatrice des décisions qui impacteront directement son avenir et veut y contribuer directement.
À l’ère de la Révolution tranquille, le Québec a conclu un pacte avec sa population, celui d’offrir des services publics durables, avec l’objectif de réduire les inégalités sociales et économiques. Le Québec s’est doté d’un État-providence fort et envié de tous.
Toutefois, nous récoltons aujourd’hui les fruits d’un manque de planification de nos ressources financières, menaçant les fondements de ce pacte envers notre génération.
Un pacte social fragilisé
Les gouvernements qui se sont succédé ont engagé de nouvelles dépenses et allégé le fardeau fiscal des contribuables, sans jamais évaluer la soutenabilité budgétaire de ces décisions. Ce manque de vision politique place aujourd’hui la jeunesse face à un dilemme, celui d’accepter des coupes importantes dans les services publics, ou d’alourdir son fardeau fiscal.
Par exemple, la proportion grandissante des soins de santé dans le budget de l’État soulève des inquiétudes sur la capacité de financer à long terme l’ensemble de ses missions, incluant l’éducation ou la culture. Le vieillissement de la population et l’abaissement des seuils d’immigration ne feront qu’accentuer cette pression sur sa capacité fiscale.
Parallèlement, le gouvernement procède à des réductions d’effectifs de 5000 fonctionnaires d’ici 2027, impactant de façon disproportionnée les employés de l’État en début de carrière. En se privant de ces talents, l’État mine sa capacité à améliorer son efficacité, notamment sur le plan de la transition numérique. Nous appelons à la prudence afin d’éviter des décisions qui compromettent la capacité de l’État à former ses talents et innover.
L’état de nos infrastructures publiques est tout aussi préoccupant, avec un déficit de maintien d’actifs qui dépasse les 40 G$. L’actualité regorge de témoignages sur la vétusté de nos écoles, de nos routes et de nos hôpitaux ; le nombre d’écoles ou d’hôpitaux en mauvais ou très mauvais état a plus que doublé dans la dernière année.
Le gouvernement doit donc résister à la tentation de couper des rubans pour de nouvelles infrastructures dont le besoin n’est pas démontré. Le projet de troisième lien à Québec est un exemple éloquent où les sommes devraient plutôt être concentrées vers le maintien d’actifs. Dans un contexte où les budgets sont limités, nous devons collectivement prendre soin de nos infrastructures actuelles avant d’en planifier de nouvelles.
L’urgence de l’équité intergénérationnelle
Le Québec fait face à des défis colossaux : crise du logement, changements climatiques, déclin démographique et montée des inégalités sociales. Pourtant, les décisions sont trop souvent influencées par le cycle électoral plutôt qu’en fonction des besoins à long terme. Les décideurs et décideuses pensent à la prochaine élection plutôt qu’à la prochaine génération. L’équité intergénérationnelle doit être au cœur de tous les engagements qui nourriront les plateformes électorales.
Les organisations réunies cette semaine ne demandent pas simplement d’être écoutées. Elles exigent d’être incluses dans les décisions prises par le gouvernement. Elles veulent être autour de la table pour aider le Québec à affronter ces défis, car elles porteront demain le poids des décisions prises aujourd’hui.
Cette semaine, nous parlons d’une seule voix. Il appartient maintenant aux décideuses et décideurs de choisir si ces échanges mèneront à des engagements concrets pour la soutenabilité de nos services publics.
Fred-William Mireault, Président de Force Jeunesse
Alexandrine Beauvais Lamoureux, Co-fondatrice de Scène & Sauve
Lao Blais-Morin, Président de Citoyenneté Jeunesse
Jean-Philippe Boisvert, Responsable des opérations de Neo Collège
Kim Champagne, Directrice générale de Nurrait | Jeunes Karibus
Gabriel Comby, Président de l’Association étudiante de Polytechnique (AEP)
Laura Daigneault, Directrice générale de Citoyenneté Jeunesse
Damien Demers, Coordonnateur aux affaires sociopolitiques du Regroupement des étudiants et des étudiantes du Cégep de Saint-Hyacinthe (RÉÉCSH)
Mylène de Repentigny-Corbeil, Directrice générale de Les 3 sex*
Flora Dommanget, Présidente de l’Union étudiante du Québec
Coralie Duchesneau, Présidente de la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL)
Émile Fiset, Membre du comité exécutif de l’Aile jeunesse du Chantier de l’économie sociale
Oumar Fofana, Conseiller général de l’Association générale des étudiant•es de l’Université du Québec en Outaouais (AGE-UQO)
Alexandre Fortin, Directeur des projets à la Fondation Monique-Fitz-Back
Gaëlle Guillaume, Présidente du Conseil jeunesse de Montréal
Rudy Humbert, Président-directeur général du Réseau des carrefours jeunesse emploi du Québec (RCJEQ)
Marc-Olivier Jacob, Direction aux affaires politiques et externes du Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS)
Jules Labrecque, Président de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie du Québec (CRÉIQ)
Valérie Larivière, Membre du Comité des jeunes de la CSQ
Yasmeen Lazaar, Secrétaire générale de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM)
Lily Lecavalier, Présidente de l’association des étudiantes et étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC)
Romane Le Roy-Pépin, Coordinatrice aux affaires externe de l’Association étudiante des cycles supérieurs de Polytechnique (AÉCSP)
Damien Léveillé, Conseil national des jeunes ministres de l’environnement
Gabrielle Payette-Bédard, Membre du comité exécutif de l’Aile jeunesse du Chantier de l’économie sociale
Maxence Pelletier-Lebrun, Président de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ)
Léonie Plourde, Présidente de l’Association étudiante du Cégep de Gaspé
Casandra Poitras, Vice-présidente à la recherche de l’Association étudiante de l’école nationale d’administration publique (AEENAP)
Paul Racette-Dorion, Codirecteur du comité affaires publiques de la Jeune chambre de commerce de Montréal
Katarina Radovanovic, Directrice générale de Neo Collège
Em Saulnier-Leclerc, Mouvement Jeunes et Santé Mentale
Daphnée Sauvageau, Administratrice de Citoyenneté Jeunesse
Julien Séguin, président de l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion
Daniel Tran, Ambassadeur porte-parole de la Jeune chambre de commerce de Montréal
Christopher Zéphyr, Président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
