La lente agonie d’Hochelaga
Vivre dans Hochelaga en 2026, c’est vérifier qu’il n’y a pas de seringues dans la ruelle avant de laisser sortir les enfants, zigzaguer entre les excréments humains quand on marche, ramasser nos poubelles éventrées quotidiennement, croiser chaque matin des gens qui consomment des drogues dures, se faire agresser verbalement ou physiquement par des personnes en détresse psychiatrique abandonnées à elle-même. Vous entendez parler de la crise de l’itinérance.
Nous, on habite dedans. Et ce qu’on vit n’est pas une crise de moyens. C’est une crise de répartition de moyens.
L’argent est pourtant là. Depuis 2021, selon les budgets de la Ville de Montréal, les sommes consacrées à l’itinérance ont été multipliées par 16. Les subventions aux organismes passent cette année de 9,8 à 29,9 millions. La Ville annonce 100 millions sur dix ans pour des bâtiments d’hébergement. Le problème n’est pas le montant, mais où il atterrit.
Une concentration des ressources au même endroit
Montréal compte environ 2000 places d’hébergement. Le CAP Saint-Barnabé en gère 347 à lui seul, dont 197 dans l’ancien YMCA.
Et il y a le reste, qui n’est jamais compté : Dopamine, un des trois premiers services d’injection supervisée du........
