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Le corps des autres

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31.08.2026

Elles ont 7, 9 ou 12 ans, parfois moins, parfois plus. Ils ont 14, 15 ans, parfois moins, parfois plus. Elles, ils viennent de franchir le cap de la rentrée. Vêtus de leurs uniformes, de leurs vêtements neufs ou de ceux ayant appartenu à leurs aînés avant eux, selon les degrés divers de chance et la répartition injuste des cartes du jeu socio-économique de leurs parents, ils ont présenté leur corps, le seul qu’ils possèdent, celui qu’ils regardent longuement dans tous les miroirs déformants de leurs écrans, devant le regard acéré, rarement gratifiant, des autres.

Deux, trois jours seulement sont passés depuis le premier matin de l’année scolaire. Et déjà — peut-être le savez-vous, en tant que parents, enseignants ou autres intervenants ? — des flèches ont été décochées. Les commentaires sur des seins trop ou pas assez développés, des doubles mentons, des ventres qui débordent fusent, semblant sortis tout droit du « Petit manuel sexiste de la grossophobie internalisée », qui semble se transmettre de génération en génération, comme si nous n’avions pas avancé d’un iota sur les questions d’inclusion, d’acceptation de toutes les diversités corporelles, comme si nous ne savions pas le mal, les grands ravages que ces remarques font sur des êtres en développement.

Et les garçons y passeront de plus en plus, emportés eux aussi par cette vague absolument ravageuse d’une masculinité vendue sur les réseaux sociaux comme étant associée à la meilleure manière d’obtenir un plus grand pouvoir social.

Une méta-analyse publiée dans la revue scientifique Adolescent Research Review en mai dernier rendait compte de résultats issus de la compilation de 45 études portant sur plus de 33 000 adolescents. On y apprenait, non sans surprise, que les réseaux sociaux sont associés à plus d’insatisfaction corporelle, de troubles........

© Le Devoir