Idées | Qu’ont en commun «bonhomme Sept-Heures», «breuvage» et «banc de neige»?
Le temps doux ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.
« [C]’est au “bone setter” anglais que les Québécois doivent les traits de leur bonhomme Sept-Heures, ce dernier n’étant en fait que la déformation phonétique du premier. Or, ce “bone setter”, rebouteux redouté, devait être bien malfaisant puisque, partout où il allait, on entendait des hurlements de douleur. De là à imaginer une espèce de croque-mitaine noir, chargé d’une poche sur le dos, dans laquelle il fourrait tous les enfants qu’il rencontrait sur son chemin après sept heures le soir, il n’y avait qu’un pas, que les Québécois ont franchi, bien entendu. » — Louis Caron, Le Bonhomme Sept-Heures, 1978
Selon le Dictionnaire historique du français québécois (DHFQ), l’auteur Louis Caron serait le premier à avoir fait le rapprochement entre l’expression québécoise bonhomme Sept-Heures et l’anglais bone-setter. Cela vous semble tiré par les cheveux ? Vous avez raison. Ne serait-ce que sémantiquement, il n’y a aucun lien entre ce que l’anglais désigne, soit notre ramancheur, et le personnage de la légende, dont l’équivalent en anglais serait le bogeyman. D’ailleurs, l’histoire ne dit pas si l’explication de Caron s’inscrivait dans un processus de création littéraire.
Bonhomme Sept-Heures est un cas classique d’étymologie populaire : on imagine une filiation entre deux mots qui se ressemblent (plus ou moins) mais n’ont pas........
