Et si l’intelligence artificielle redonnait du sens au travail?
Le Devoir vous invite sur les chemins de traverse de la vie universitaire. Une proposition à la fois savante et intime, à cueillir tout l’été comme une carte postale. Aujourd’hui, on se demande ce que l’IA peut nous apporter au travail.
Le travail, qu’il soit rémunéré ou non, occupe la majeure partie de nos heures d’éveil. Pour bon nombre d’entre nous, il contribue à définir notre identité et constitue un élément essentiel de nos relations avec les autres. Or, depuis peu, lorsque je parle à des amis, à des collègues et à des clients, je perçois un désengagement croissant à l’égard du travail ainsi qu’une certaine désillusion, souvent associée à l’essor de l’intelligence artificielle (IA). On me parle d’épuisement, d’incertitude et d’une perte de pertinence. Mais ces préoccupations recèlent des questions plus profondes : si une machine peut faire ce que je fais, qui suis-je et pourquoi est-ce que j’importe ? Dans un monde où mon travail est amélioré, facilité et partiellement remplacé par l’IA, comment puis-je encore y trouver du sens ?
Ce n’est pas la première fois que notre conception du sens du travail se transforme. Aristote, par exemple, considérait le travail porteur de sens comme une expression de la vertu. Plus tard, les traditions chrétiennes ont proposé une autre compréhension du travail, celui-ci étant perçu comme une vocation confiée par Dieu. Cette conception a de nouveau évolué avec la révolution industrielle, les Lumières et l’avènement du capitalisme, qui ont placé la satisfaction des besoins individuels, matériels comme psychologiques, au cœur de l’expérience du travail. Aujourd’hui, les chercheurs en psychologie et en gestion estiment généralement que l’autonomie, la compétence, le sentiment d’appartenance et........
