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Les zones d’ombre de Claude Morin

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07.05.2026

Claude Morin demeurera à jamais un personnage controversé. Ses détracteurs verront toujours en lui un salaud qui a collaboré avec la GRC pour saboter le projet d’indépendance. Les autres continueront à penser qu’il était bien intentionné et que sa faute aura consisté à se croire plus fin que des experts du renseignement.

Il est vrai que le « père de l’étapisme » ne péchait pas par excès d’humilité, et il cultivait avec un plaisir évident son image de sphinx. Il était du genre à être sincèrement convaincu qu’il avait tout compris avant tout le monde et que personne ne pouvait le berner. Il était savoureux de l’entendre dire de quelqu’un qu’il ne se prenait pas pour une queue de cerise.

Jouer à l’espion n’était certainement pas pour déplaire à cet amateur de polars, qui se passionnait pour les transmissions sur ondes courtes à une époque où ce n’était pas si courant. Se faire rouler dans la farine par Pierre Elliott Trudeau, comme il l’a été lors de la nuit des longs couteaux, était cependant trop mortifiant pour qu’un homme aussi vaniteux accepte de jouer le rôle du nigaud, que ce soit pour de l’argent ou par une secrète allégeance à la cause fédéraliste.

Les hommages prudents que la classe politique a rendus au politicien décédé mardi témoignent de........

© Le Devoir