La cinquième roue
Soit, Doug Ford a encore manqué une bonne occasion de se taire, mais cela ne signifie pas que ce qu’il a dit est faux : avant même la tenue d’un référendum, l’élection du Parti québécois (PQ) serait en effet un « désastre » pour le Canada.
En ce qui concerne le Québec, ce n’est pas à lui d’en juger et il est trop obnubilé par les intérêts de sa province pour le faire objectivement. D’ailleurs, à ses yeux, tout se mesure en termes exclusivement économiques. La dimension identitaire du projet souverainiste lui échappe, de la même façon que Mark Carney est incapable de faire une lecture québécoise de l’histoire canadienne depuis la Conquête.
Il n’est pas certain non plus que M. Ford comprendra le message du premier ministre Legault, qui lui a poliment suggéré de se mêler de ses affaires. Inversement, Paul St-Pierre Plamondon ne demande manifestement pas mieux que de le voir récidiver. Même quelqu’un qui se propose de voter « non » pourrait être tenté de faire élire le PQ simplement pour le plaisir d’effrayer le Canada anglais.
L’échéancier serré qu’a évoqué le premier ministre ontarien ne correspond cependant pas aux signaux envoyés par le chef péquiste, qui semble plutôt prévoir la tenue du référendum vers la fin d’un premier mandat, à tout le moins dans sa deuxième moitié.
L’élection d’un gouvernement péquiste signifierait donc qu’une épée de Damoclès demeurerait suspendue au-dessus du Canada,........
