De Parizeau à Girard
Aussi conservateur soit-il, Eric Girard aurait sans doute préféré présenter quelque chose d’un peu plus excitant pour son dernier budget. Cela faisait un peu tristounet comme discours d’adieu.
Le nouveau chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a parlé d’une panne d’inspiration, mais il y a des limites à la comptabilité créative. Si cela peut consoler M. Girard, Jacques Parizeau, dont il a égalé le record de longévité aux Finances, avait fait pire dans son huitième et ultime budget.
De la même façon que la pandémie a heurté les finances publiques de plein fouet, la récession du début des années 1980 avait freiné la légendaire inventivité de « Monsieur », même si ses exposés macroéconomiques demeuraient toujours aussi impressionnants. Et toutes proportions gardées, le déficit de 3,2 milliards qu’il avait prévu pour 1984-1985 était infiniment supérieur aux 8,6 milliards que M. Girard a annoncés pour 2026-2027 ; il représentait 3,2 % du PIB, par rapport à 1,3 % pour celui annoncé mercredi.
Qu’à cela ne tienne, M. Parizeau avait conclu son discours dans des termes que son lointain successeur aurait pu reprendre intégralement : « Le discours sur le budget n’annonce aucun virage spectaculaire. Sur le plan du développement économique, le gouvernement est persuadé qu’il est sur la bonne voie. Les gestes qu’il a posés sont probants. Le plan de relance doit normalement fournir les résultats attendus. Alors........
