Le Québec aux urnes|Renouer avec la solidarité Marie Vastel
Quel Québec choisiront les électeurs en octobre ? L’équipe éditoriale réfléchit aux chantiers qui nourriront le menu législatif des prochaines années. Cette semaine, la vie chère qui effrite la justice sociale.
Le Québec se targue, avec la plus grande des fiertés, d’être une société bienveillante. Une social-démocratie au filet de sécurité si bien ficelé qu’il fait l’envie de plusieurs. La vie chère frappe cependant ici comme partout ailleurs, creusant des inégalités qui fracassent de désolants records. Des familles, et des enfants, contraintes d’affronter leur quotidien le ventre vide. Des travailleurs aux finances malgré tout à sec, qui ne sont qu’à un revers d’être forcés de se réfugier sur le canapé d’un ami ou, pire, d’échouer dans la rue. Le contrat social national s’effrite sous nos yeux, ce qui révèle peu à peu une détresse sociale grandissante.
Non pas que les gouvernements aient été insensibles à cette lente déliquescence. Leurs efforts successifs ont toutefois failli à consolider les fondations de l’État-providence, insuffisants et inefficaces pour endiguer cette double crise, résidentielle et alimentaire, qui sévit sur le palier collectif. La hausse constante du coût des logements, conjuguée à leur pénurie, est imbriquée à l’inflation galopante des prix de l’alimentation. Les budgets de toujours plus de Québécois s’en trouvent si........
