Aimer notre musique québécoise et résister, c’est du travail
Nous sommes durs à suivre, nous, les Québécois. D’un côté, on sort l’artillerie lourde pour protéger notre langue et notre culture, de l’autre, on boude ostensiblement notre musique, celle-là même qui anime et fait vibrer les deux premières. Dans le fond, c’est un peu comme le « Québec indépendant dans un Canada uni » de l’immense Yvon Deschamps. On veut une musique québécoise forte… qu’on noie allègrement dans une mer de musique préfabriquée à l’états-unienne.
Bien sûr, on savait que la musique d’ici a du mal à faire son chemin sur les plateformes d’écoute en continu. Nous ne sommes pas complètement coupés du réel, tout de même. Mais du mal à ce point ?
Les chiffres compilés par la firme Luminate placent le Québec parmi les pays qui écoutent le moins la musique de leurs artistes dans le monde. Cette triste queue de peloton, le Québec l’occupe avec des pays comme la Suisse et la Belgique, qui, à l’instar du Canada, ont vu leur quotidien décomposé en plusieurs langues officielles. C’est loin d’être anodin.
L’an dernier, les titres québécois n’auront occupé qu’un famélique 7 % des écoutes totales au Québec, toutes langues confondues, pièces instrumentales comprises. Pire, on tombe à 5 % en ne comptant que la part de marché des pièces québécoises en français. Sortez le respirateur !
Ces 7 % sont minuscules,........
