Éditorial | Ne laissons pas l’espace public se rétrécir
L’attaque à la voiture-bélier qui a visé le festival de la Fierté de Berlin ce week-end est venue jeter une douche froide sur les Fiertés à venir dans les prochains jours autour du monde. La peur, emportée par son noir destrier, a cavalé de Stockholm à Amsterdam en passant par Manchester et Vancouver pour aboutir à Ottawa et à Montréal, semant dans son sillage des vents mauvais auxquels il ne faut surtout pas céder.
L’enjeu de la sécurité dans les rassemblements publics n’est pas neuf. Il est venu se rappeler cruellement à nos mémoires, il y a deux semaines, tandis que les balles fusaient au festival Salsa sur l’avenue St. Clair Ouest, à Toronto. Rebelote dimanche à Seattle, en marge d’un festival gastronomique. C’est tragique, mais le danger n’avait pas d’autre objet ici que la vengeance bête et méchante d’un règlement de comptes exécuté au mépris des vies qui fêtaient autour.
À Berlin toutefois, nous dit le chancelier allemand, Friedrich Merz, l’attaque n’a pas été faite au hasard par ce jeune Allemand d’origine libanaise passé dans les mailles du filet de la justice après un passage raté au groupe djihadiste État islamique. Ce qu’il a commis, a-t-il soutenu lundi, c’est « une agression dirigée contre la communauté LGBTQ », certes, mais aussi une attaque délibérée « contre la société libre » qui lui a ouvert si grands les........
