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Les rois de la montagne

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12.01.2025

C’était carrément pervers de programmer deux parties de football américain le jour de Noël. Imaginez toute la belle-famille qui débarque pour la dinde au moment précis où les Chiefs s’apprêtent à remporter un autre match « par la peau des fesses », comme dirait le bon Perron.

Cette entorse à la tradition — deux matchs précédés d’une émission d’avant-match de deux heures, pour un total de neuf heures de ballon ovale en compétition directe avec les bas de Noël et les cadeaux du sapin —, on la devait à la plateforme Netflix, qui, après la boxe, lorgne désormais « the greatest show on turf », le grand cirque de la National Football League (NFL).

Que Netflix s’intéresse au colossal marché de la NFL qui s’intéresse au colossal réseau de distribution de Netflix n’a rien de très surprenant. On est encore devant une liaison passagère plutôt que devant un mariage d’argent, mais quand un chiffre d’affaires de 33,7 milliards rencontre des revenus de 20 milliards, on peut parler d’une attirance réciproque : ces deux-là se méritent.

Ça faisait un peu drôle d’écouter les explications de l’animateur sur la différence entre la remise classique du centre au quart et le shotgun, entre autres fondamentaux, pour les téléspectateurs d’Abuja, de Bangalore et de Brasília.

Mais le pire n’est pas arrivé : pas de mononcle-matante qui s’approche pour entrechoquer sa flûte de mousseux à l’instant même où le chrétien fondamentaliste qui est guidé par Jésus en personne pour taper du pied dans le ballon du bord des Chiefs se prépare à........

© Le Devoir