La science dévoyée
Il y a des gens qui nous font perdre notre temps. J’en parle par expérience. En 2008 et en 2010, j’ai publié deux textes portant sur des essais du réputé géochimiste français Claude Allègre. Personnage coloré et éloquent, le scientifique remettait en cause la théorie du réchauffement climatique attribuable aux activités humaines, qu’il qualifiait de « mythe sans fondement ».
Allègre n’était pas climatologue, mais ses diplômes, sa carrière et la liste des distinctions scientifiques qu’il avait reçues en imposaient. L’homme, surtout, maîtrisait l’art du débat. Même en restant prudent, j’ai été enfumé par son bagou à l’époque. Allègre, disais-je, a raison de contester les slogans verts et d’entretenir le débat.
Je me trompais. Dès 2010, les théories d’Allègre ont été taillées en pièces par des scientifiques et des journalistes spécialisés : citations inventées, études manipulées, erreurs factuelles multiples. Pour sa défense, le géologue a plaidé que ses contradicteurs ne lui arrivaient pas « à la cheville scientifiquement » et que les « exagérations » contenues dans son livre visaient à mieux illustrer son raisonnement. Pas très scientifique comme justification, mettons.
Mon erreur de l’époque s’explique par la séduction d’une parole........
