Réussir sa vie et ses concombres
Bien évidemment, tous les matins, je vais vérifier mes concombres. Tu sais ce que c’est, tu ne peux pas mettre des choses en terre sans en devenir responsable. Alors chaque matin, j’ouvre la porte de ma cuisine qui mène sur un petit perron où j’ai bien enligné mes pots. Mes gros pots. Ils sont contents d’être là, je crois. Je suis une jardinière qui ne sait pas ce qu’elle fait, mais elle le fait. Je pense que c’est le meilleur conseil qu’on m’ait donné : commence avant de savoir ce que tu fais. Si ça se trouve, c’est la recette d’une vie réussie. En plus d’être celle des concombres.
Je ne sais pas ce que je fais, mais je le fais et plus je vieillis, plus j’ai de l’audace. Voilà t’y pas que comme ça, cette semaine, j’ai fait mon propre pain, imagine ! Moi qui n’avais à peu près rien pétri de ma vie. Mon chat me tâte plus le ventre que j’ai joué avec de la levure. Faut dire que, pendant la pandémie, alors que tous les privilégiés pouvaient se partir une boulangerie maison, moi, j’étais occupée à angoisser dans un logement trop petit avec trois enfants sans école. Les attaques de panique, ça n’aide pas le levain. Ça n’aide pas grand-chose d’ailleurs, mais c’est comme beaucoup de nos tracas, ça se soigne et ça passe.
Ça, c’est un autre bon conseil qu’on m’a donné. Ça vient de ma belle-mère, qui a passé plus de trente ans en éducation et a même été commissaire scolaire. Peut-être une des femmes les plus pédagogues et solides que j’ai vues. Après avoir........
