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Les fleurs de septembre

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25.09.2026

J’avais le sentiment que je ne devais pas les couper. Mais mon impatience et la pression extérieure ont eu raison de mon ambition. Moi qui avais regardé pousser ma prairie urbaine tout l’été. Non, bien sûr que je n’allais pas laisser tout ça en friche. Mais c’est la première année de mon jardin et je veux voir ce qu’il fait naturellement quand on n’y touche pas. Je sais que l’on riait de moi. Que je n’ai pas une pelouse aussi carrée et maintenue que mes voisins. Je sais que ça m’écrivait dans le front en caractères gras que je ne faisais pas comme les autres. Ça serait reposant, parfois, de faire comme les autres. Mais je ne sais pas faire autrement. C’est comme un arbre qui me pousse en dedans, j’ai bien beau vouloir lui couper les branches, élaguer ses rameaux qui traînent dans le chemin, rien n’y fait, cet arbre est plus fort que moi.

Qui peut expliquer pourquoi et comment se tracent nos chemins… On dirait qu’on a tous une boussole à la place du cœur. On sait quand on fait fausse route. On entend l’alarme qui indique qu’on se trompe de chemin. Après, c’est à nous d’écouter ou non. On peut choisir de vivre chaque seconde dans la mauvaise vie, aux côtés de la mauvaise personne, on peut. Choisir cette souffrance. Se laisser dériver dans le courant, inconscient, détaché, déconnecté de toute notre vérité. On peut aussi s’abrutir, se droguer, tenter d’annuler tout ce que veut nous murmurer notre corps. On........

© Le Devoir