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Le monde est fou, folle, ou l’inverse

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30.01.2026

La futurologue américaine Faith Popcorn avait prédit, au début des années 1980, que notre maison deviendrait notre cocon, que les systèmes d’alarme et la déco intérieure seraient de rigueur. Le mot « cocooning » était né. À l’époque, nous étions si insouciants et inconscients de l’être.

Devant l’insécurité ambiante de ce début d’année, j’ai élu domicile dans mon lit. Je m’y accorde une journée « fuck off » de temps en temps ; prière de ne pas déranger. Ça permet de voir un portrait d’ensemble.

Et je me sens coupable ou simplement reconnaissante parce que j’ai un toit, des oreillers et un chat comme bouillotte. Le bas de la pyramide de Maslow (dont le confort psychologique) ne peut pas être tenu pour acquis.

Je ne sais si le monde a besoin d’un psychiatre, d’ayahuasca, de vipassana ou d’une greffe de cœur, mais mon régime de « news junkie » ne me rend pas optimiste. Tandis que janvier se termine en Sibérie sur les mots en f, fascisme, fous et frette ou fight, flight ou freeze ; je freeze.

« J’ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre le fascisme. »

À Davos, le premier ministre Mark Carney a mis des mots sur une réalité que plusieurs pressentent depuis longtemps : nous ne sommes plus en transition, mais avons atteint un point de rupture. L’ordre mondial est chamboulé.

Pour me calmer les nerfs, j’ai visionné Civil War (2024) d’Alex Garland, une fiction puissante sur des reporters de guerre aux États-Unis. En regard de ce qui se passe actuellement, ce film à caractère dystopique et violent apparaît tout à coup plus plausible et glaçant. La reporter de guerre, incarnée par l’actrice Kirsten Dunst, mentionne que chaque fois qu’elle couvrait un conflit armé munie de son appareil photo, elle pensait envoyer un message à son pays, mille mots captés dans une photo.

Tandis que mon ami Marco magasinait pour un reportage une arme à feu aux États-Unis cette semaine, après les assassinats de civils innocents, je me disais que nous ne sommes à l’abri d’aucune dérive. « Je vois plus d’espoir qu’autre chose, m’écrit Marco. Je crois que les bons sont plus nombreux que les méchants. C’est juste que les vilains sont plus crinqués. Ils sont dans “l’efficacité” avec leurs mitraillettes pointées vers la plèbe [dont les journalistes]. »

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© Le Devoir