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Les invisibles

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21.01.2025

Au dépanneur de la station-service, au milieu de la neige sale et des effluves d’essence, les portes automatiques refusent de s’ouvrir. Par la fenêtre, la caissière fait signe à l’homme de bouger les bras, de s’agiter, afin que l’œil magique le repère et active le mécanisme des portes. Rien à faire. Quelqu’un d’autre arrive. Les portes s’ouvrent tout de suite. Comme la mer devant Moïse.

Aux toilettes, la distributrice automatique de savon est-elle en panne ? Impossible en tout cas d’en tirer quoi que ce soit. L’eau ne jaillit pas non plus du bec du robinet. Il a beau passer et repasser les mains sous le capteur censé activer le jet, pas même la plus petite goutte ne perle. Les autres clients qui se lavent les mains en même temps n’éprouvent aucun problème.

Jusqu’à quel point certains d’entre nous sont-ils invisibles dans la société d’aujourd’hui ?

Il semble que nous passions, au minimum, huit heures par jour rivés devant nos écrans, ce voile pixélisé devant lequel nous croyons envisager la réalité. Par habitude de cette servitude, nous consultons notre téléphone à tout moment, accrochés à nos services de messagerie comme un pèlerin à son chemin de croix.

Notre visage et nos empreintes digitales servent de sésames pour accéder à la caverne des données numériques. Parfois, il arrive tout de même que nos appareils ne nous reconnaissent pas, même s’ils sont précisément configurés à cette fin. Rien de rien ne fonctionne plus alors, sinon des codes. Est-ce que nous existons vraiment autrement que comme des numéros dans cet univers numérique ?

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© Le Devoir