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Le hibou et le tsar

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11.02.2025

Les hiboux sont parmi nous. Pour peu que vous portiez attention le moindrement à ce qui reste de la nature, vous les verrez voler ou nicher. C’est la saison, en tout cas, pour les observer. Au milieu des froids de février, les strigidés comme le grand-duc s’installent.

À ce temps de l’année, certaines espèces, habituées à vivre plus au Nord, descendent vers notre Sud frigorifié. Avec un peu de chance et de bonne volonté, il est même possible de voir, ces jours-ci, la nyctale de Tengmalm. Elle est présente, par exemple, aux îles de Boucherville.

L’autre soir, j’ai eu sous le nez, le temps d’un instant, un magnifique grand-duc en vol plané. Sous la lumière de la lune, il m’a fixé de ses grands yeux. La veille, j’avais observé une chouette rayée et un moyen-duc.

La vie des hiboux est sous le signe de la terreur. S’ils savent la semer autour d’eux, ils doivent, de leur côté, fuir les petits oiseaux. Ceux-ci s’organisent en bandes pour les harceler, tout en donnant, par un tiraillement constant, l’impression de leur supériorité. Des mésanges, des étourneaux, même des corneilles font la paire, au besoin, pour chasser un hibou qui, autrement, pourrait constituer une menace fatale. À l’heure de résister, des alliés inopinés savent se trouver.

Les hiboux doivent aussi craindre leurs congénères, tout aussi territoriaux qu’eux. Ces oiseaux se tiennent donc près des troncs, cherchant à se fondre, au grand jour, avec leur environnement, tandis qu’ils se préparent à devenir, la nuit venue, des princes de la guerre. Comme ils n’ont pas l’odorat très développé,........

© Le Devoir