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Lettre à notre ami Doug Ford

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04.02.2026

Cher Premier Ministre de l’Ontario, partisan de la liberté d’expression, sachez que je ne vous reproche nullement votre intervention récente, franche et directe, contre l’idée de l’indépendance du Québec. Après tout, dans un divorce, chaque partie doit pouvoir s’exprimer. J’ai d’ailleurs un souvenir ému d’une initiative prise au Canada anglais pendant la campagne référendaire de 1995. Des génies du camp du Non avaient eu l’idée de distribuer à des Canadiens des autres provinces les numéros de téléphone de Québécois indécis pour qu’ils leur disent combien ils souhaitaient le maintien de l’unité maritale. Mais puisqu’ils étaient unilingues anglophones, avaient très peu d’arguments et perdaient parfois patience, je pense que cela a donné au Oui quelques milliers de voix de plus.

Vous nous avez confié que vous aviez un faible pour les Québécois, que vous trouvez « extraordinaires », sans trop pouvoir l’expliquer. Nous en sommes très touchés. Je vais vous donner une piste : grâce à l’élection du Parti québécois en 1976 et à l’adoption de la loi 101 en 1977, environ 200 000 Montréalais anglophones ont déménagé en Ontario, propulsant l’économie ontarienne. Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas un monument rendant hommage à Camille Laurin devant l’hôtel de ville de Toronto pour son inestimable contribution à la prospérité du lieu.

Je m’interroge : nous aimez-vous autant........

© Le Devoir