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Chronique|Dans la baignoire glacée Jean-François Lisée

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L’ancien chef du Parti libéral du Québec Daniel Johnson fils l’avait-il fait encadrer ? Si oui, il est masochiste. Je parle de la caricature d’André-Philippe Côté, publiée dans Le Soleil du 13 janvier 1998, en première page en bas à gauche, où on le voyait dans sa baignoire. C’était chaste, je vous rassure, il avait de l’eau jusqu’au-dessus du nombril et un petit canard flottait devant lui. On voyait cependant que l’eau de la baignoire était glacée. Des glaçons lui pendaient des bras. C’était la saison des glaçons, la crise du verglas du début de 1998.

Daniel Johnson avait été brièvement premier ministre, non élu, à la fin du second règne de Robert Bourassa, en 1994. Il souhaitait bien retenter sa chance, mais le ciel lui tombait constamment sur la tête. L’arrivée à la tête du Parti québécois, fin 1995, de l’homme le plus populaire au Québec, Lucien Bouchard, dont l’emprise sur les foules était inégalée, laissait peu de place à Johnson, qui affichait, dixit l’un de ses anciens ministres, « le charisme d’une pierre tombale ».

La crise du verglas ayant été gérée de main de maître par Bouchard, l’armée ayant été dépêchée par le premier ministre fédéral Jean Chrétien, ces deux antipodes de la politique québécoise avaient vu leurs taux d’approbation, début 1998, franchir la barre des 90 %. Dans ces cas-là, lorsqu’on est dans l’opposition, on broie du noir. En plus, le tic-tac électoral se faisait entendre, le mandat péquiste étant dans sa quatrième année.

Paul St-Pierre Plamondon, Charles Milliard, Éric Duhaime et Ruba Ghazal sont-ils........

© Le Devoir