Tournant historique à Tokyo
Pas une simple victoire : un triomphe. Sanae Takaichi, première femme de l’histoire à diriger le Japon, a remporté dimanche un succès écrasant avec son « vieux » Parti libéral-démocrate (PLD).
Le raz de marée du PLD — les deux tiers des sièges à lui seul, les trois quarts avec son nouvel allié du Parti de l’innovation — représente pour le Japon un renversement de tendance à maints égards.
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, le PLD est la formation traditionnellement hégémonique du pays. Mais, avant le 8 février 2026, il était en déclin, au point qu’il n’arrivait plus à conserver la majorité, même avec son allié traditionnel, un petit parti pacifiste nommé Komeito.
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C’est une percée dans un Japon traditionnellement machiste, qui aujourd’hui offre à une femme le pouvoir sur un plateau d’argent, avec une majorité sans précédent. Dans un monde politique japonais dominé par les hommes, son image bien étudiée de travailleuse infatigable, avec un côté cool (elle a été batteuse de musique pop), a convaincu les Japonais qui, aujourd’hui, la plébiscitent.
Elle n’a cependant pas voulu insister sur cet aspect : « Je ne souhaite pas être la première femme à ce poste parce que je suis une femme, mais parce que je suis la mieux placée pour diriger le Japon », a-t-elle tenu à dire peu avant son investiture.
Ce personnage énigmatique de 64 ans a dû se battre jusqu’au dernier moment, à l’intérieur de sa formation, pour décrocher en octobre, et d’extrême justesse contre les vieux barons installés, la responsabilité de diriger........
