Chronique|Catastrophes au Venezuela François Brousseau
La catastrophe naturelle au Venezuela vient s’ajouter à beaucoup d’autres, qui s’additionnent depuis plus de dix ans.
Ce régime dans les limbes politiques, partiellement sous tutelle américaine, peine aujourd’hui à répondre adéquatement à la tragédie.
La situation sociale, à la veille de la catastrophe, était déjà terrible : infrastructures délabrées, système de santé effondré, grande pauvreté touchant la majorité absolue de la population, inflation dans les 500 %…
Cette population a connu la plus importante dépression économique en temps de paix depuis un demi-siècle. Entre 2014 et 2020, le Venezuela a perdu 80 % de son PIB (Banque mondiale) : une contraction vertigineuse alimentée par la mauvaise gestion, la corruption et l’hyperinflation. Calamités auxquelles s’ajouteront ensuite les sanctions américaines, financières en 2017, pétrolières en 2019.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, quelque sept millions de personnes ont quitté le Venezuela entre 2014 et 2024 : le quart de la population !
L’essentiel de l’appareil chaviste n’a pas bougé. Delcy Rodríguez et son frère Jorge gardent la main sur les institutions. Le pays a été purgé de quelques personnages (liés au couple Maduro), mais la majorité des cadres historiques restent, y compris des figures réputées très dures, comme Diosdado Cabello, le redouté ministre de l’Intérieur.
Cette continuité explique pourquoi il n’y a eu, depuis janvier, ni démocratisation ni annonce........
