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Le confort et l’enthousiasme

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07.08.2026

Les élus reviennent peu à peu de vacances, et ça commence à se sentir. Autour de moi, on me demande de plus en plus si j’ai « hâte » aux élections provinciales vu le travail d’analyse politique que je devrai en faire. Je ne sais jamais trop quoi répondre de manière succincte, et « hâte » n’est certainement pas le bon terme. Tentons ici une confession plus exhaustive.

J’ai rarement vu, sur la scène provinciale, une action politique et un programme législatif aussi lourds de conséquences que ceux mis en avant par la Coalition avenir Québec (CAQ) à l’Assemblée nationale cette dernière année. Avec les projets de loi et les « réformes » proposés depuis l’automne dernier, on a grugé plusieurs piliers du modèle québécois.

En acceptant de s’appuyer sur les opérations chirurgicales au privé plutôt qu’en colmatant l’exode des professionnels de la santé hors de la RAMQ, on s’en est pris au contrat social québécois, à savoir que le système de santé doit être public, gratuit et universel. Selon des informations obtenues par Le Devoir, effectuer une intervention chirurgicale au privé coûte (aux fonds publics) 35 % plus cher qu’au public. L’État québécois s’est donc engagé à subventionner les profits des déserteurs du système sans que la question fasse l’objet d’un débat public robuste.

Mais c’est loin d’être tout. La syndicalisation a joué un rôle fondamental dans l’accession à la classe moyenne d’une grande partie de la population, et a été l’un des piliers de la mobilisation politique qui a permis le filet social dont on bénéficie aujourd’hui. Or, durant la dernière année, les syndicats ont été dépeints comme un ennemi de........

© Le Devoir