Chronique|Sous pression de «décence» Emilie Nicolas
« Je crois qu’il est honteux d’avoir un premier ministre qui serre les mains de gars à moitié nus qui portent des costumes pervers lors d’un défilé. Je crois aussi qu’il est particulièrement honteux qu’il y ait eu des enfants présents durant ce spectacle. » Ce sont les mots de Jamil Jivani, député conservateur fédéral de Bowmanville–Oshawa-Nord, qui commentait dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux la présence de Mark Carney au défilé de la Fierté de Toronto, en juin dernier. « Ce n’est pas le Canada dans lequel j’ai grandi. Je crois que notre pays mérite mieux et j’espère que vous êtes d’accord avec moi. »
À la Chambre des communes, Jivani est techniquement un député d’arrière-ban, mais il s’est fait remarquer sur la scène fédérale depuis son élection. D’abord, il a beaucoup parlé de son amitié de longue date avec le vice-président états-unien, J.D. Vance, et s’est présenté (maladroitement) auprès de Carney comme un allier utile au renforcement des liens avec la Maison-Blanche. Ensuite, le député de 38 ans s’est visiblement inspiré de la figure de Charlie Kirk pour tenter de lancer un mouvement de jeunes conservateurs sur les campus universitaires canadiens, où il se déplace régulièrement pour des conférences. Ses activités sur les réseaux sociaux témoignent de sa volonté de s’imposer comme une figure de droite pour la jeunesse canadienne, et de son lien direct avec la mouvance MAGA.
En ce sens, le discours de Jivani sur la Fierté est « intéressant » — dans la mesure où on le comprend comme un indice ou un signal de l’évolution de la droite canadienne sur........
