menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Chronique|La logique de Dagher Emilie Nicolas

15 0
12.08.2026

« Pour une organisation qui se dit intolérante au racisme, comment peut-on justifier de conserver une pratique qui a été scientifiquement prouvée comme étant discriminatoire, qui a été jugée par des juges au Québec comme étant racialement discriminatoire ? D’ailleurs, vous avez été condamné pour ça. Quel est le niveau de preuve qu’il vous faut pour arrêter de tolérer une pratique raciste, si vous êtes si intolérant au racisme ? »

La pratique dont on parle ici, c’est celle des interpellations policières. La question a été posée mardi soir par Massimiliano Mulone au chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lors de l’assemblée publique organisée par la Commission permanente de la sécurité publique de la Ville de Montréal sur « l’état de situation entourant les événements au PDQ 39 » de juin dernier. Mulone est chercheur en criminologie à l’Université de Montréal et l’un des auteurs du rapport d’experts commandé par le SPVM lui-même sur la question du profilage racial, qui avait en 2023 formulé une seule recommandation à l’endroit de Fady Dagher : un moratoire sur toutes les interpellations policières sans motif.

Officiellement, une liste de raisons permet à un policier d’interpeller un citoyen sans qu’une infraction soit constatée : porter secours à une personne en détresse, trouver une personne recherchée, obtenir des informations afin de détecter ou de prévenir une possible infraction, recueillir des données sur des personnes soupçonnées d’être impliquées dans des activités illicites ou criminelles. Sur papier, ça sonne bien. Dans les faits, on sait que le jugement des policiers sur ce qui a l’air d’une « possible infraction » ou ce qui peut........

© Le Devoir