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Chronique | Il faut abolir l’été

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Le titre est provocateur, mais suivez-moi. Je ne parle pas de la saison, bien sûr, mais de cette fiction de la « pause estivale » sur laquelle notre système médiatique est construit. En radio et en télévision, les créateurs doivent répondre aux injonctions à ne pas trop faire dans la « lourdeur », à garder ça « léger », « accessible », et ce, même en saison régulière. La consigne est d’autant plus stricte l’été. Ce sont les vacances, dit-on. Les gens s’amusent, ils ne veulent pas se casser la tête, il faut garder ça le fun.

Ça pouvait fonctionner, jusqu’à un certain point, lorsque nos vies étaient principalement tournées vers l’actualité provinciale et fédérale. Si les politiciens étaient en vacances, il était normal que les journalistes politiques le soient aussi. Jadis, le reste du monde nous était loin. L’actualité internationale était présentée au Québec et au Canada comme une curiosité pour « l’ailleurs ». C’était « intéressant », peut-être même « important », mais on ne présumait pas que ça avait un immense effet sur nos quotidiens. Ou que ça bougeait aussi vite. On supposait que le monde entier, ou du moins l’Occident, prenait aussi son été pour jouer.

Il faut prendre acte qu’en 2026, ce n’est plus le cas du tout. Ce « ralentissement » de l’actualité n’existe plus. Cette idée que la « lourdeur » prend deux mois de congé par année, il faut en faire le deuil. C’est toute l’industrie de la radiodiffusion et de la télédiffusion, plus précisément, qui doit en prendre acte. Il vient un moment où entretenir la fiction........

© Le Devoir