Chronique | «Bonne gouvernance»
« La gouvernance englobe tous les aspects de la gestion des affaires d’un pays, notamment la politique économique, le cadre réglementaire et l’état de droit. » Dit comme ça, sur le site du Fonds monétaire international (FMI), c’est joli. Dans les faits, tant le FMI que la Banque mondiale lient depuis des décennies leurs octrois de prêts et « d’aide » aux pays du Sud global à une définition de la « bonne gouvernance » qui passe par la privatisation. En gros, on dit aux chefs d’État : on peut vous prêter des fonds, pas de problème. Mais pour améliorer votre gouvernance, réduire les risques de corruption, assainir les finances publiques et éliminer les gaspillages qui mènent à l’endettement, vous devrez privatiser les sociétés d’État, réduire le rôle du public, bref, encourager la « saine compétition », une course au profit entre acteurs privés qui mènera à une amélioration de l’offre de services tout en limitant le plus possible la dette du Trésor.
Dans les faits, dans plusieurs contextes différents, la « privatisation » imposée ainsi de l’extérieur s’est souvent soldée par la création de sociétés privées contrôlées par des amis du régime en place, ce qui encourage des pratiques encore plus opaques de corruption. Et cette course à la privatisation dans les pays qui bénéficient de l’aide du FMI ou de la Banque mondiale mène le plus souvent non seulement à des iniquités sociales importantes, mais aussi à un abandon des populations vulnérables et à des violations importantes de droits de la personne. Par exemple, dans des pays d’Afrique et d’Amérique centrale, les prêts d’ajustement structurel du FMI ont été conditionnels à la privatisation de l’eau. Quand l’accès à l’eau potable devient conditionnel à la........
