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Carney capitule

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03.07.2026

« On ne peut plus se permettre de freiner le développement d’une partie importante de notre bouquet énergétique, le gaz et le pétrole, pour atteindre un objectif à court terme. Je vais être clair sur ce point. Les changements qu’on a apportés entraîneront une hausse de nos émissions au cours des prochaines années par rapport à ce qui avait été prévu dans le plan du gouvernement précédent. Mais je ne crois pas que ce plan aurait été viable à long terme. »

C’est dit à la vingtième minute d’une vidéo YouTube de 24 minutes, vue vendredi midi 1750 fois, en français. Et à la quatorzième minute de la version anglaise, de 17 minutes, vue 83 302 fois. Les deux versions ont été mises en ligne la veille du congé de la fête du Canada.

Je ne blâmerai personne de ne pas savoir que Mark Carney vient formellement d’abandonner les cibles de réduction des gaz à effet de serre que le Canada s’était fixées. Même que je me permets d’accuser en bonne et due forme le premier ministre d’avoir fait exprès pour informer le moins de Canadiens possible de cette décision pourtant cruciale pour l’avenir du pays.

Dans la logique carneysienne, c’est la lutte contre les changements climatiques qui est un « objectif à court terme », alors que sa propre vision du développement économique du Canada se déploie dans un souci d’être « viable à long terme ». Ce ne serait pas par électoralisme ou court-termisme qu’on délaisse la planète, donc, mais par souci de l’avenir. On a affaire à une fabuleuse inversion des termes, qui mérite examen. Cherchons à comprendre la contorsion dans le raisonnement.

« La crise climatique est d’actualité. Notre détermination à la combattre est entière. Mais........

© Le Devoir