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Idées|Ce n’est pas pour rien que cette souche de la rougeole s’appelle Ontario Claude Desjardins

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Il y a une façon confortable de raconter l’épidémie de rougeole américaine. Un secrétaire à la Santé qui doute des vaccins, une épidémie qui s’emballe au Sud, et nous, spectateurs d’un pays qui se défait. Bon récit. Le problème est le sens de la flèche.

Les laboratoires qui caractérisent un virus de la rougeole lui donnent une étiquette : le lieu et la semaine de sa première identification. Celui qui circule aujourd’hui du Manitoba au Chiapas s’appelle Ontario, quarante-septième semaine de 2024.

L’éclosion canadienne commence au Nouveau-Brunswick en octobre 2024. Le foyer texan est repéré en janvier 2025, le mexicain en février. Quand les épidémiologistes mexicains ont séquencé leurs cas, la réponse fut sans ambiguïté : sur 6892 cas confirmés, 98,1 % portent la lignée liée à l’éclosion nord-américaine.

Le 10 novembre 2025, le Canada a perdu le statut de pays ayant éliminé la rougeole, qu’il détenait depuis 1998 : les autorités internationales avaient constaté que le même virus circulait ici sans interruption depuis plus d’un an. Ce n’est plus une maladie qu’on rapporte de voyage : elle vit ici.

Nous n’avons pas subi cette épidémie. Nous l’avons exportée.

En 2025, le pays le plus touché du continent n’était ni les États-Unis ni le Canada, mais le Mexique : 6213 cas, contre 5463 ici et 2288 là-bas. Le Canada déclare cette........

© Le Devoir