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Scandale!

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27.04.2026

En 2010, le groupe d’artistes Voïna (« guerre », en russe) peignait un énorme phallus en blanc sur un pont-levis devant le Service de sécurité fédéral russe à Saint-Pétersbourg, le donnant ainsi à voir bien érigé aux agents dans les bureaux et aux passants quand le pont s’élevait. Le groupe revendiquait une œuvre ayant pour fonction d’envoyer paître les membres d’un gouvernement corrompu et de leur signaler que le public gardait l’œil ouvert et ne se laisserait pas berner.

L’artiste à la tête du collectif fut mis aux arrêts peu de temps après, mais les photos de cette action avaient déjà fait mouche auprès de plusieurs milliers de personnes.

Faire la liste ici des œuvres à scandale qui ont marqué l’imaginaire au fil du temps semblerait futile. Il y a longtemps que les artistes bousculent et provoquent. Leur détermination à ne pas laisser le monde tel qu’il est, en y ajoutant des objets, des idées ou d’éphémères graffitis aux symboles déstabilisants, témoigne de leur insatisfaction envers le réel et de leur entêtement continu à le transformer.

Mais comment voguer, sans dériver, entre le stunt médiatique, la monétisation du scandale ou le geste provocateur gratuit dans un contexte où l’être ayant le plus de pouvoir sur Terre répète chaque jour les délires les plus terrifiants sans que quiconque lui fasse barrage ? Pire, nous avons à présent intégré ses inepties dévastatrices comme des éléments ordinaires de notre vie quotidienne.

Et cela a des répercussions non seulement sur les pratiques artistiques, mais aussi, me semble-t-il,........

© Le Devoir