L’exception
Le cinéaste Jean-Luc Godard a affirmé que la culture, c’est la règle, et que l’art, c’est l’exception. En ce sens, on pourrait dire que la culture est la norme, ce qu’on connaît, ce qui est convenu. C’est l’habitude.
Il ne serait donc pas faux de dire qu’il n’y a pas une mais des cultures québécoises. La vie en Beauce n’est pas la même qu’en Gaspésie ou qu’à Fermont. Les Montréalais ont une culture d’insulaires — la métropole étant sans contredit une île —, mais elle n’est pas au cœur de l’identité consciente des habitants de la ville aux cent clochers comme elle l’est pour les Madelinots ou les Orléanais, le fleuve entourant le territoire étant presque absent à la vue de ceux n’y vivant pas en hauteur.
Dès lors qu’on reconnaît une telle diversité de réalités, il nous faut assumer que le Québec ne pourra jamais bien se diriger par la centralisation. La fermeture, par les libéraux, des centres locaux de développement et des conférences régionales des élus ont bien fait voir le visage de ce parti, qui a pu obtenir un gouvernement majoritaire des années durant par un vote — et un pouvoir — très centralisé. Le système uninominal à un tour, que la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était absolument engagée à réformer, pour renier tout de go sa promesse, comme si de rien n’était, est d’un autre temps. Ses vertus de représentativité sont lacunaires et ne nous permettent pas de disposer d’une démocratie saine et à notre image.
Il faut se rappeler que nous sommes hautement démocrates. Que le référendum de 1995, quoique durement entaché par........
