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Déclubage

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31.03.2026

Il y a, à mon sens, une confusion éclatante qui règne dans l’imaginaire collectif concernant le travail artistique. Il n’est pas rare de croire que les créations ressemblent aux artistes qui les créent. Bien que, dans ce domaine, je sois plus oiseau qu’ornithologue, mon œil m’a souvent permis de témoigner d’une réalité tout autre : les œuvres sont peut-être la plupart du temps l’incarnation de ce qui manque aux artistes plutôt que le reflet de leur « âme ».

C’est ainsi que, même en créant des objets parfois exigeants, voire cryptiques — travaux invitant à faire de somptueux voyages intérieurs plutôt qu’à suivre une trame narrative d’avance prescrite —, l’esprit créatif peut également être tout aussi friand de longues expéditions de canot ou de cyclotourisme en milieux ruraux.

Par exemple, un artiste à la pratique exigeante et éclectique dont il serait difficile de mettre l’œuvre dans une case — oscillant entre les formes et les contenus, menant tantôt des entreprises innervées par un esprit profond de dissidence et d’organicité profane et d’autres fois par, disons, des désirs de formes au caractère sacré plutôt tirées au cordeau — pourrait aussi être profondément attaché au plaisir de la rame et à la longue descente de cette rivière exceptionnelle appelée « là où l’on guette l’orignal » : Ashuapmushuan.

Quand on se trouve dans cette réserve faunique de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), on mesure la chance inestimable que des citoyens,........

© Le Devoir