Qui va protéger les créateurs de contenus?
Le Sommet sur l’intelligence artificielle de Paris, tenu cette semaine, a permis de jouer cartes sur table. Pendant que 58 pays, dont la Chine, la France et le Canada, signaient une déclaration finale appelant au développement d’une intelligence artificielle (IA) « ouverte », « inclusive » et « éthique », les États-Unis en profitaient pour réaffirmer leurs visées hégémoniques et leur hostilité profonde à l’égard de l’encadrement d’une industrie naissante et révolutionnaire.
Rien de nouveau sous le soleil, quoi. Washington applique à l’IA la recette qui a fait le succès de son industrie du divertissement et de sa grappe de géants du commerce numérique, une coterie de tech bros milliardaires dont le plus récent pivot se résume à une génuflexion devant le président américain et néanmoins « génie stable », Donald Trump.
Les États-Unis ont trouvé un allié au Royaume-Uni, qui est aussi un partisan de la non-régulation des systèmes d’IA. Les Britanniques caressent même l’idée de saccager l’héritage légal entourant le respect de la propriété intellectuelle et du droit d’auteur afin de permettre l’entraînement sans entrave des agents conversationnels et l’enrichissement des modèles de langage profond sur le dos des industries créatives.
Le péril est si immédiat qu’il a suscité © Le Devoir
