Le rapport sur l’antisémitisme qui efface un siècle de débats entre Juifs
Une douzaine d’universitaires, membres du Jewish Faculty Network, tiennent à nuancer le récent rapport sur l’antisémitisme sur les campus et l’expérience étudiante (ACEE) publié par le gouvernement fédéral la semaine dernière.
Il existe une vieille blague juive : deux Juifs font naufrage sur une île déserte. Lorsqu’ils sont secourus, des années plus tard, les sauveteurs découvrent trois synagogues. Perplexes, ils demandent pourquoi. L’un des survivants explique : l’une est sa synagogue, l’autre est celle de son compagnon d’infortune et la troisième est celle où ni l’un ni l’autre ne mettrait jamais les pieds.
Les Juifs ne se sont jamais entendus sur ce que signifie être juif. Pourtant, ces désaccords sont de plus en plus perçus comme des preuves de haine.
La semaine dernière, le gouvernement fédéral a publié un rapport sur l’antisémitisme sur les campus et l’expérience étudiante (ACEE)1. Commandé par le ministère du Patrimoine canadien et réalisé par l’Association d’études canadiennes, ce rapport a sondé environ 900 étudiants juifs.
Les chiffres sont alarmants. Près de 96 % des participants disent avoir vécu un incident antisémite ou en avoir été témoins au cours de l’année ; 70 % estiment que leur université ne prend pas le problème au sérieux. Le rapport documente des incidents troublants : des croix gammées dans les toilettes, du négationnisme de l’Holocauste en salle de classe, des étudiants ayant reçu des crachats pour avoir porté une étoile de David, un professeur qui aurait qualifié Hitler de héros.
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