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Quand le mot « génocide » ne suffit plus

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31.05.2026

Un seul terme ne peut saisir l’ampleur des destructions observées à Gaza, où les conditions mêmes de continuité d’une société sont atteintes, écrit l’auteure.

Le mot « génocide » appartient au droit international. Défini par la Convention des Nations unies de 1948, il désigne des actes commis dans l’intention de détruire physiquement, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Mais ce concept permet-il réellement de saisir les formes contemporaines de violence observables à Gaza ?

Le droit international reconnaît déjà certaines dimensions élargies de la destruction d’un peuple, notamment l’atteinte aux « conditions d’existence » d’un groupe humain ou encore les mesures visant à empêcher les naissances.

Pourtant, les catégories juridiques traditionnelles peinent parfois à rendre compte de l’ensemble des dynamiques sociales, culturelles, psychologiques et politiques qui se déploient aujourd’hui à Gaza.

Réduire ce qui s’y passe à un seul terme – même aussi grave que « génocide » – apparaît alors insuffisant pour saisir l’ampleur des destructions observées. Au-delà des morts, ce sont les conditions mêmes de continuité d’une société qui sont atteintes : sa mémoire, ses institutions, sa capacité de se nourrir, de transmettre des savoirs, de gouverner et d’imaginer un avenir. La destruction ne touche donc pas uniquement les individus, mais aussi les structures qui permettent à une société d’exister dans le temps.

Face à cette réalité, il devient urgent d’expliciter les diverses formes d’atteinte simultanée aux fondements culturels, sociaux, biologiques, économiques et politiques d’une société et de les nommer.

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© La Presse